Le calame, pour une écriture sensible

Le calame, pour une écriture sensible

Émotion à l'arraché

Je n’avais pas envie d’être émotive ce jour-là mais presque sans le vouloir toutes sortes d’émotions montaient en moi.  Je me sentais unique et multiple à la fois.  Je me devais de rester forte et d’être la patronne malgré toutes les merveilleuses et diverses possibilités qui existaient déjà pour moi mais, vous le savez peut-être, on n’y arrive pas toujours.

 

Il est bon parfois de se perdre dans sa propre multitude et de redécouvrir tout ce qui nous océanise ou tout ce qui bouillonne dans le magma de notre âme en feu et tôt ou tard, elle sera feue Carole par-ci, feue Carole par-là.  On dira de moi que j’étais comme ceci ou comme cela.  Certains diront que j’étais lunatique et paquet de nerfs et d’autres au contraire que j’étais sage et calme et tous auront raison !  Et moi dans tout cela, je ne sais pas qui je suis vraiment mais j’assure.  Je protège qui je crois être la plupart du temps et j’ennoblie mon essence en le faisant. 

 

J’assure et j’assume pleinement d’être seulement un peu de moi, unique et unifiée.  J’ai peu de regrets en général mais j’en ai un, secret, que je découvre en vous le dévoilant :  je suis multiple, capable de tout et de rien.  J’aimerais avoir plusieurs vies parallèles et en avoir conscience.  Ainsi, je pourrais être chanteuse, professeur de français, poétesse, grande danseuse de ballet, super star de n’importe quoi, psychanalyste et philosophe et un peu mère Térésa sur les bords, première ministre et grande actrice de renommée mondiale … et tout ceci, pour commencer.

 

Sans parler de tout ce que je ne suis pas par pur hasard mais pourtant … Je ne suis pas sportive, je ne suis pas soldate, je n’ai jamais exercé de fonctions excentriques ou typiquement masculines.  Mes prouesses sont en réalité timides et je me retire du jeu de la vie facilement pour retrouver la paix et mon petit confort personnel.  Je suis pourtant brave et audacieuse.  J’aime protéger les autres et je suis capable de le faire sans m’oublier.

 

Je m’arrache à la douleur pour savourer la liberté.  J’espère et j’ose être ce que je suis et comme la plupart d’entre-nous, j’en veux plus !


18/09/2019
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Émotion sélénite

J’étais distraite, un peu dans la lune, comme cela m’arrive souvent.  Soudain, j’ai jeté un regard furtif sur cette mini pleine lune du 12 septembre 2019, qui, à son apogée, éclaire les champs à un tel point que les cultivateurs peuvent travailler durant la nuit, s’ils le désirent.  On appelle cette pleine lune, la lune des moissons car c’est elle qui se rapproche le plus de l’automne.  Elle était beaucoup plus lumineuse qu’à son habitude et on disait d’elle qu’il faudrait attendre jusqu’en 2049 pour en revoir une semblable.

 

Cela m’a rappelé que je suis justement née par un beau dimanche de pleine lune vers la fin du mois de juillet.  Ce n’est probablement pas un hasard car j’aime agir en pleine lumière et la clarté m’inspire, m’invite à me dépasser grâce à mon intégrité et mon désir constant de faire mieux.  Cela ne va pas sans me chambouler émotivement et cela n’épargne pas mon entourage, non plus.  Je suis pourtant une femme douce et compréhensive mais aussi, je suis franche et spontanée et cela en dérange plus d’un.  Je suis à la fois la lune qui se reflète sur le dessus des eaux et le soleil qui s’y couche tout juste avant ne m’est pas étranger.  Je suis froideur et puissance de feu à la fois mais je me tiens à l’écart de mes propres contradictions.  Tout se vit dans mes mots. Malgré mes fréquents retraits du monde et parce que toutes ces dichotomies m’habitent, j’essaie de faire le moins de bruit possible.  Je marche et je pense en catimini mais je déborde parfois avec un petit poème par-ci, un petit texte par-là.  Un mot qui s’échappe spontanément de ma bouche peut faire boule de neige ou boule de feu, selon.  Je suis le tonnerre, les éclairs et les volcans mais je me cache et en sourdine, je deviens la pluie, la neige et le vent.  C’est dans le déséquilibre que je reprends mon souffle à l’abri des curieux qui adorent les bêtes de foire sans savoir s’en préoccuper vraiment.

 

Je suis le don, l’offrande à qui mieux mieux et l’oubli volontaire.  Je suis force de vie et d’amour et sous ces toutes puissantes apparences de velours, j’exulte !  Je croule d’effroi sous le poids de mon propre égoïsme.  Cela m’oblige à redescendre de la montagne pour aller … à la rencontre des autres …

 


15/09/2019
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Émotion aérienne

Il y a cette grosse feuille verte, une feuille d’érable tout ce qu’il y a de plus classique, qui se balance dans cet arbre fort et majestueux.  Il est situé à l’entrée du Parc de l’Amitié, à Saint-Sébastien, Qc., du côté de la Caisse Populaire. 

 

Cette feuille semble secouée par quelqu’un ou quelque chose comme si elle faisait des byebyes accueillant ainsi les passants qui arrivent.  Elle me fait vivre une émotion, une impression d’irrationnalité en même temps qu’elle me fascine par sa simplicité et sa beauté parfaite et naturelle.  C’est une image qui n’est pas rationnelle car enfin comment peut-elle se balancer ainsi avec si peu de vent !  C’est un brin étrange. 

 

Elle me plait cette feuille d’érable vraiment beaucoup entre-autre à cause de son agitation mouvante, insolite et inexplicable. Quand je pense que très bientôt pourtant, elle tombera au sol comme toutes ses sœurs en se teintant de jaune et de rouge vif !  Elle continuera pourtant d’être belle en s’envolant sous l’effet du vent d’automne dans un tourbillon avec ses semblables et tous les yeux seront tournés vers elles afin de voir ce spectacle même si nous l’avons déjà vu tant de fois par le passé.  Puis, ce sera l’hiver et elle sera ensevelie, jusqu’à disparaitre sous le tapis blanc et scintillant de la saison crystalline et froide.

 

C’est beau la vie de cette feuille qui ne doute probablement de rien.  L’émotion que je ressens est un mélange d’admiration, de surprise et de beauté.  C’est une émotion éphémère et légère sans profondeur véritable car ce n’est pas nécessaire qu’il y en ait.  Les sensations reliées à cette émotion sont pourtant suffisamment complexes pour qu’on s’y attarde encore un peu plus. 

 

Aurais-je pu parler d’elle de cette manière si je n’étais pas à la retraite ?  Non.  Aurais-je ressenti cette émotion qui m’interpelle en ce moment ?  Oui.  Il faut du temps pour que les mots se structurent et s’organisent.  Est-ce que cela vaut le détour ?  Pour moi, oui, c’est certain mais c’est à vous de voir de quelle façon mes mots suffisent pour vous partager cet instant furtif volé à l’indifférence …


13/09/2019
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L'appel du dedans

Parfois étincelle vacillante dans la nuit

Et à d’autres jours flambeau arrogant et fier

Feu dansant dans l’obscurité qui me réjouit

Ouvre mon cœur qui s’est durcit comme la pierre

 

Soleil intérieur en continuel devenir

Impossible à localiser et tant renié

Oh lumière inspirante, viens donc assainir

Mon esprit alourdi, embourbé, aliéné …

 

Lune rouge, puissance constellée sublime

Tu me connais mieux que personne et totalement

Dans ta grâce et dans ce que j’ai de plus intime

Sans faux-fuyants, ni détours et viscéralement

 

Je reste là blottie dans l’ombre, à l’écart

Fragile comme l’oisillon qui ne peut voler

Je pose mon regard étonné dans l’œillard

Afin que la lumière puisse se révéler

 

Je sens ta présence et je reçois cette paix

Qui anime mes cellules de ton amour

Je suis vie dedans la Vie sous tous mes aspects

Je suis amour dedans l’Amour que je savoure

 

Mais j’oublie qui je suis et qui je pourrais être

Je fusionne avec l’Hôte, j’accueille son instance

Plus rien n’existe ni le doute, ni le paraître

Je suis une rose, une fleur sans souffrance

 

Mais ces moments d’allégresse ne durent pas

Ô mon éternité, comment te retenir

Errant dans la sécheresse, mea-culpa

Dans l’ambigüité, évitant de te ternir

 

 

 

Carole Brazeau

 

 

4 août 2018

 

(Inspiré par le livre « Hymne à la joie » de Maurice Zundel, Édition Anne Sigier, 1992.)


04/08/2018
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Les mots

Les mots

 

Je danse, je chante avec les mots et pourtant ils me font souvent défaut. Je jongle avec eux pour me faire plaisir mais il arrive qu’ils glissent entre deux neurones fatigués.  Je rie de mes maux avec des mots justes et la souffrance s’estompe jusqu’à disparaître complètement. Je me fais plaisir avec la sonorité musicale des mots. Je m’amuse ainsi à l’abri de l’ennui. Avec les mots lâchés lousses, sans surveillance, j’hypnotise mais surtout, je suis hypnotisée, envoutée par leurs charmes et leurs contours flous mais ô combien efficace ! J’aime avec toutes sortes de mots, du plus sophistiqué au plus simple malgré les contradictions. L’ivresse paradoxale des mots fait que je me retrouve ignorée de tous pendant un certain temps et pourtant submergée parmi tous les mots et tous les êtres de la création dans un même mouvement d’expression irréversible, et dans un même souffle incontournable. Ouf !

 

Parfois ma prose se fait sobre et sérieuse mais toujours la folle fluidité des mots me rattrape en douceur et je m’éclate tellement que je suis presque sans mots ! Propulsée dans un magma de sensations fortes, j’en oublie de respirer ! Je me saoule de mots qui parlent du Soleil ou de la Pluie, de la neige et du froid ou de « je ne sais trop quoi » d’approprié ou non au goût du jour.L’amour et ma prose inachevée me prolongent dans l’infini jusqu’au jour suivant.

 

Je vis avec des mots qui se ressemblent et qui pourtant changent tout le temps. Je dors entre deux mots pour prolonger ma respiration dans le silence de la nuit.  J’espère avec des mots et je réinvente le sens de mon existence à chaque instant comme si cela allait de soi. Je sais que chacun de mes mots crée un univers différent qui pourtant me ressemble et me reproduit plus fidèlement, un peu plus à chaque tentative !  Plus je m’éloigne des mots et plus je disparais …  Et plus je m’en approche et plus ils me filent entre les doigts comme du sable fin avec leur mille et un subterfuges et astuces, comme s’ils étaient faits avec une sorte de matière insaisissable que je dois apprendre à laisser aller … La vérité s’échappe au compte-goutte dans chacun de mes mots et il n’y a pas de vérités sans qu’elle ne soit exprimée avec des mots.

 

Mes mots sont maintenant parmi vos mots, ils se bercent tous ensemble dans l’harmonie malgré leur apparente cacophonie. C’est simple à comprendre, tous ces mots avec leurs maux nagent comme des poissons dans l’océan de nos vies rempli à ras bord d’amour universel alors rien ne les empêchent de se côtoyer, se différencier, s’agencer, se distinguer, s’affronter et c’est ainsi que nos mots viennent mourir sur le rivage des nos amours éperdus ou perdus mais jamais dissous, jamais oubliés, puisqu’ils vivent dans l’infini de notre mer intérieure, peu importe les tsunami que nous avons traversé …

 

Je demeure fidèle à mes mots quels qu’ils soient en espérant apaiser les esprits aussi torturés que moi et afin de nous aider ainsi à retrouver la confiance dans le pouvoir absolu des sans gêne et sans peur. Je veux juste border mes mots avant de m’endormir d’Amour et ainsi chaque levée de soleil me paraîtra dans toute sa splendeur, sa beauté sans limite et sa force centripète, à l’intérieur de moi, en moi et pour moi … mais aussi dans le partage avec vous tous et même sur Facebook !!!

 

Auteure : Carole Brazeau

 

Le 24 janvier 2018

 


24/01/2018
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